Début d'année propice à la remise en question.
Toujours ce perpétuel questionnement, ce sempiternel problème existentiel qui me ronge, me fait mal...
Un sentiment de mal être me hante, un sentiment d'échec, un sentiment de perte d'estime de soi ... ne sais plus trop où j'en suis, ne sais plus trop qui je suis, où je vais ...
J'ai depuis un moment ras le bol de ce concours où le nombre de candidats augmente chaque année, où le nombre de poste diminue progressivement , où les moyennes s'élèvent irrémédiablement
parce que, dans ce tas de bétail, il faut trier aveuglément les meilleurs ...
("Les meilleurs" étant ceux qui, "bien entendu", emmagasinent avec facilité le plus de détails de tous les livres d'histoires et sciences, qui sont capables, par leur esprit
logique, de résoudre et utiliser les théorèmes de maths les plus complexes mais les plus efficaces pour agir dans un temps limité, et qui, par leur esprit synthétique, résument avec les bons
termes les divers textes littéraires ou pédagogiques, ceux, encore, qui auront évité, par chance, les pièges les plus subtils de la grammaire française car on ne se le
cache pas, ceux là, évidemment, seront les vrais professeurs des écoles (!), ceux qui, bien entendu, ont la foi et la motivation !!)
Ras le bol ...
Bien consciente que ce concours est dur, bien consciente que pour le décrocher il faut de la persévérance mais aussi beaucoup de travail et un peu de chance ...
Oui mais, j'ai actuellement peu de temps pour le travailler, trop peu de motivation, grande peur de l'échec, impression de perdre encore mon temps.
Plus envie de m'acharner. Plus envie de me battre. Plus envie de tout sacrifier.
La réflexion s'impose.
Après avoir pris de-ci, de-là divers avis de personnes qui me sont proches ou non, je reste dans le flou et n'arrive plus à voir le bien du mal, ne parviens plus à percevoir mes objectifs,
tout est flou, mes buts sont troublés par des avis divergents, mon présent est vide d'ambition, mon futur est lointain...
Je décide donc d'aller chercher les réponses au plus profond de moi même. Moi seule peux forger mon idée en écoutant mon coeur et mon corps, qui souffrent et m'alertent.
C’est alors ce que je fais …
Je réfléchis à mon passé, à tout ce que j’ai réalisé jusqu’à présent, à mon parcours, à mes projets … mais aussi à mes envies, mes goûts, à ce que je veux et ce que je ne veux
pas …
Je pense à une réorientation … Oui, pourquoi pas changer ?
Jusqu’à présent, cette idée me rendait malade mais aujourd’hui, je me sens prête à aborder le sujet en face, et beaucoup plus sereinement qu’auparavant.
En effet, depuis bientôt 3 ans, je suis auxiliaire de vie scolaire et accompagne des enfants handicapés, je les aide ainsi à aborder plus sereinement le trajet de l’école ordinaire, les
accompagne dans leur différence afin qu’on ne les oublie pas sur le bord du chemin.
Cette mission m’a apportée une autre ouverture d’esprit et me fait découvrir le domaine de l’handicap, des troubles, du non semblable et toute la souffrance que cela peut engendrer.
Envie de m’occuper des autres, de les aider à accepter leur différence, de donner un sens à leur vie, envie de les comprendre, de leur apporter une pointe de bonheur, un sourire, ces envies me
poussent à regarder les métiers du social, les métiers d’éducateur, les métiers qui, au quotidien se donnent aux autres.
Aujourd’hui, j’ai su tirer une leçon des évènements passés, je décide d’abandonner ce concours et ce n’est pas pour moi un échec. C’est un choix que je fais consciemment, que j’accepte et que je
ne rejette plus.
Il faut parfois savoir abandonner ce qui n’a plus lieu d’être pour aller vers ce qui vient.
En effet, ce concours a jusqu’à lors été un but de ma vie … je lui donnais une telle importance que je me confondais avec lui et je ne pouvais renoncer à l’atteindre, de peur
de me décevoir, voire de décevoir les autres, et ceux qui ont cru en moi.
Je m’agrippais à ce but, j’allais vers lui, parce qu’il le fallait.
Désirs et craintes du futurs se confondent alors et je ressens alors un mal être intérieur, comme si j’étais victime des évènements.
Aujourd’hui, j’ai relativisé ce but, j’ai décidé d’avancer vers ce qui vient de nouveau, vers un autre chemin. J’accepte de croître, de changer, d’évoluer, de remettre en question mes certitudes…
Je me suis écoutée, j’ai fait le point, j'ai fait mon choix, et je pense que personne ne peut faire ce choix à ma place, personne ne peut décider de ce qui m'est bien ou mal ... et cette
introspection m’a ouvert la porte à d’autres interprétations.
Aujourd’hui, j’ai comme l’impression d’avoir ouvert la porte de la prison à laquelle je n’osais tourner le dos, j’étais alors prisonnière de mon but, poursuivie par l’échec, la rancœur, mais
cette fois, j’ai déposé mon fardeau et parviens plus sereinement à faire place à un nouvel horizon…